Biographie
Margaret Little est l'une des figures marquantes de la scène de la viole de gambe au Canada et à l'international. Réputée pour son engagement artistique profond, son intelligence musicale et la clarté expressive de son jeu, elle a consacré sa carrière à faire rayonner la viole de gambe, tant comme soliste qu’en ensemble. Elle joue également de l’alto baroque.
Dans les années 90 Margaret fonde l’ensemble de violes de gambe Les Voix humaines avec Susie Napper. Ensemble pendant plus de trente ans, elles ont redéfini l'art du duo de violes, enregistrant plus d’une quarantaine de disques et se produisant sur les scènes du monde entier. Leur complicité musicale a fait d'elles des ambassadrices hors pair du répertoire pour violes. Elles se sont mérité les éloges de la critique et plusieurs prix prestigieux (Prix Opus, Adisq, Diapason d’Or…).
Plus récemment, Margaret joue en duo avec Christophe Gauthier (clavecin), Sylvain Bergeron (luth) et Antoine Malette-Chénier (harpe). Elle a exploré avec Stéphanie Brochard le dialogue entre musique et danse et a contribué à la création du spectacle « Atempor/elle ». Elle joue fréquemment des deux côtés de l’Atlantique en solo ou avec des ensembles tels le Studio de musique ancienne de Montréal, Clavecin en Concert, Les Violons du Roy, Les Boréades, Pallade Musica, Les Idées Heureuses, les ensembles Spinoza et Poiesis ainsi que Capriccio Stravagante. Elle a joué en concert avec des solistes de renom tels Skip Sempe, Jordi Savall, Wieland Kuijken, Barthold Kuijken, Charles Daniels, Suzie LeBlanc et Daniel Taylor. Elle est régulièrement invitée à jouer les solos de viole de gambe dans les Passions de J. S. Bach avec différents orchestres.
Margaret a enregistré plus d’une centaine de disques (principalement sur l’étiquette ATMA), dont trois albums en solo, le plus récent étant consacré aux sonates de J. S. Bach pour viole de gambe et clavecin obligé avec Christophe Gauthier.
Elle a enseigné la viole de gambe à l’Université Concordia, au Cegep Saint-Laurent et à l’Université de Montréal où elle a formé plusieurs jeunes violistes de la relève. L’été elle enseigne au Centre musical CAMMAC. Elle donne des ateliers et des master-class au Canada, aux États-Unis, en Australie, au Japon ainsi qu’au Mexique. Margaret fait régulièrement partie de jurys pour le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, le Conseil des Arts de Montréal, Musicaction et le Concours Matthieu Duguay à Lamèque.
Margaret Little joue sur une basse de viole à sept cordes de Judith Kraft et Bernard Prunier à Paris (1982) d’après Colichon. Ses archets sont de l’archetier québécois Louis Bégin.
Démarche artistique
« La véritable beauté de la musique réside dans sa capacité à créer des liens entre les gens. Elle véhicule un message, et nous, les musiciens, en sommes les messagers. »
— Roy Ayers
En tant que musicienne interprète, je me considère d’abord comme une messagère : je transmets, j’interprète, je fais revivre des histoires et des états d’âme en musique. Le public fait bien sûr partie intégrale de ma démarche, car qui transmet le fait pour autrui! D’ailleurs le discours est toujours influencé par les gens qui écoutent, comme dans une conversation.
Pour moi, l’interprétation est un acte qui fait appel à beaucoup de créativité, c’est comme, par exemple, lire une histoire à un enfant. On donne des inflexions et des couleurs différentes aux voix des personnages, on fait ressortir l’atmosphère mystérieuse d’un sous-bois à la tombée du jour, l’intimité d’une confidence, la jouissance d’une célébration!
La répertoire Renaissance et baroque offre une liberté immense à l’interprète: il y a si peu d’indications dans les partitions que je peux vraiment choisir ma version de l’histoire à raconter. Bien sûr il y a la connaissance des différents styles historiques d’interprétation, le « performance practice » que j’ai étudié et intégré. Il y aussi ce « bon goût » dont parlent les traités. Mais il y a aussi une grande liberté d’expression, d’exploration et de découverte. Et chaque fois, comme lorsque je parcours à nouveau un sentier bien aimé, je découvre de nouveaux trésors et j’adore les partager.
« Là où les mots manquent, la musique parle. »
— Hans Christian Andersen